


Jérémie-le-Crapaud vit au bord de d’une mare et s’amuse à tout humidifier; il est tout heureux quand il pleut. Mademoiselle Mandoline le rencontre: elle a horreur de l’eau, aime le chant, la musique. L’un et l’autre découvrent peu à peu leurs nombreuses différences, celles de leurs invités aussi. Et “Coâ”, ce n’est pas un problème...Bravo! Loin de tout discours moralisateur, ce bain de tendresse et de poésie démontre d’une manière éclatante le bonheur de s’accepter les uns les autres, dans un respect des différences, dans leur richesse aussi. “Quelle belle journée!” s’exclame Jérémie avant de s’endormir . Les spectateurs qui l’ont vécue avec lui souscrivent sans réserve. Une histoire toute simple servie par une scénographie appropriée et bien exploitée. Des acteurs qui suscitent d’emblée la sympathie. Un bain de fraîcheur dont se régaleront les enfants .
Le Ligueur
“Coâ ?” coasse sans cesse Jérémie-le-Crapaud, en tenue de plongée, endormi dans sa masure. Dans un bazar savemment étudié, il attend le très jeune spectateur invité à s’asseoir sur les gradins en cercle voulu par la scénographie. Il “splitche” et “splatche” avec joie. Détestant l’eau, sa voisine, Dame poule mouillée, diva dinguo et délicieuse Marie-Sophie Talbot, adore chanter. Tout, d’ailleurs, de la besace à la casserole, devient prétexte à de clairs accords. Rideau et gouttelettes tombent du ciel, ravissent les oreilles et les pupilles tandis que le sol, n’est autre qu’une mare réfléchissante. Très belle petite tranche de poésie pour l’enfance, sur les sens et l’intérêt de la différence, “Coâ ?”, mis en scène par Luc Fonteyn, séduit par son inventivité. On y plonge les yeux fermés.
La Libre Culture